AGRICULTURE - CONVIVIALITE - ENVIRONNEMENT (A.C.E)
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k do noam chomsky

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Message par el loco le Ven 09 Oct 2015, 22:52

Noam Chomsky: Les USA accélèrent l’Apocalypse

By willsummer on juin 9, 2013 • ( 10 )


Que va vraisemblablement nous apporter l’avenir? Un point de perspective approprié pourrait être d’essayer de contempler l’humanité de l’extérieur. Imaginez donc que vous être un observateur extra-terrestre qui essaye de comprendre ce qui se passe ici, ou imaginez que vous êtes un historien de dans 100 ans – et vous regardez en arrière sur ce qui s’est passé maintenant. Vous verriez quelque chose d’assez remarquable.

Pour la première fois dans l’histoire de l’espèce humaine, nous avons clairement développé la capacité de nous détruire nous-mêmes. Cela est vrai depuis 1945. Il a maintenant enfin été reconnu qu’il y a d’autres processus à long terme comme la destruction environnementale qui se dirige dans la même direction, peut-être pas vers la destruction totale, mais au moins l’incapacité d’avoir une vie décente.

Et il y a d’autres dangers comme les pandémies, qui sont du fait de la mondialisation et de ses interactions. Il y a ceux qui essayent dur d’agir à propos de ces menaces, et d’autres qui essayent de les intensifier. Si vous regardiez qui ils sont, cet historien du futur ou observateur extra-terrestre verrait quelque chose de vraiment très étrange. Ceux qui essayent de pallier ou de surmonter ces menaces sont les sociétés les moins développées, les populations indigènes ou ce qu’il en reste, les sociétés tribales et premières nations au Canada. Ils ne parlent pas de guerre nucléaire mais de désastre environnemental, et ils essayent véritablement d’y faire quelque chose.

En fait, tout autour du monde – en Australie, en Inde, en Amérique Latine – il y a des batailles en cours et parfois des guerres. En Inde, c’est une guerre ouverte contre la destruction environnementale directe, avec des sociétés tribales tentant de résister à des opérations d’extraction de ressources qui sont localement extrêmement nuisibles, mais également globalement dans leurs conséquences. Dans des sociétés où des populations indigènes ont une réelle influence, beaucoup d’entre elles adoptent des positions fermes, et tiennent bon. Le plus fort de tous les pays eu égard au dérèglement climatique est la Bolivie, qui a une majorité indigène et des règles constitutionnelles protégeant les "droits de la nature".

L’Équateur, qui a aussi une grande population indigène, est le seul exportateur de pétrole que je connaisse où le gouvernement recherche de l’aide pour conserver le pétrole dans le sol, plutôt que pour l’extraire et pour l’exporter – et la terre est là où elle doit être.

Le président vénézuélien Hugo Chavez, qui est passé ad Patres récemment et avait été l’objet de moqueries, d’insultes et de haine à travers le monde occidental, avait assisté à une Assemblée Générale de l’ONU voici quelques années où il s’était attiré toutes sortes de railleries pour avoir appelé George W. Bush un démon. Il y livra également un discours qui était plutôt intéressant. Bien sûr, le Vénézuela est un producteur majeur de pétrole. Le pétrole fournit presque tout son produit intérieur brut. Dans ce discours, il avertissait des dangers d’un usage excessif des sources d’énergie fossiles, et pressait les pays producteurs et consommateurs de celles-ci à se réunir pour essayer de trouver des moyens d’en réduire l’usage. C’était assez incroyable venant de la part d’un pays producteur de pétrole. Vous savez, il était en partie Indien, d’origine indigène. À l’inverse des choses "drôles" qu’il a pu faire, cet aspect de ses actions à l’ONU ne fut même pas rapporté.

Donc, d’un côté vous avez les sociétés tribales et indigènes qui essayent de ralentir la course au désastre. Et de l’autre, les sociétés les plus riches et les plus puissantes de l’histoire mondiale, comme les USA et le Canada qui mettent le pied au plancher pour détruire l’environnement aussi rapidement que possible.

Les deux faces de la politique – le bipartisanisme, le président Obama, les médias et la presse internationale semblent attendre avec beaucoup d’enthousiasme ce qu’ils appellent "un siècle d’indépendance énergétique" pour les USA. L’indépendance énergétique est un concept presque vide de sens, mais laissez cela de côté. Ce qu’ils entendent, c’est: nous allons avoir un siècle pendant lequel maximiser l’utilisation des énergies fossiles et contribuer à la destruction du monde.

Et c’est à peu près pareil partout. Il faut le reconnaître, quand il s’agit de développement d’énergies alternatives, l’Europe fait quelque chose. Pendant ce temps-là, les USA, la nation la plus riche et la plus puissante de l’histoire mondiale, est la seule nation parmi peut-être une centaine qui comptent à ne pas avoir de politique nationale pour la réduction de l’usage des énergies fossiles, et qui n’a même pas d’objectifs d’utilisation d’énergies renouvelables. Ce n’est pas parce que la population n’en veut pas. Les États-Uniens sont assez proches de la norme internationale, en ce qui concerne leur inquiétude face au réchauffement climatique. Ce sont les structures institutionnelles qui empêchent le changement. Les intérêts du capital et du commerce n’en veulent pas et ils sont d’une puissance déterminante dans l’élaboration des politiques; vous obtenez donc un grand écart entre l’opinion et la politique sur une foule de thèmes, dont celui-ci.

Voilà donc ce que verrait un historien du futur – s’il y en a un. Il lirait peut-être aussi les journaux scientifiques actuels. Presque chacun d’entre eux contient une prédiction plus noire que la précédente.

"L’instant le plus dangereux de l’histoire"

L’autre problème, c’est la guerre nucléaire. Il est connu depuis longtemps que s’il devait y avoir une première frappe par une grande puissance, même sans réplique, elle détruirait sans doute la civilisation uniquement à cause des conséquences de l’hiver nucléaire qui s’ensuivrait. Vous pouvez le lire dans le Bulletin of Atomic Scientists. C’est uns chose entendue. Le danger a donc toujours été beaucoup plus grand que nous l’avons cru.

Nous venons de passer le 50e anniversaire de la crise des missiles de Cuba, qui avait été surnommée "le moment le plus dangereux de l’histoire" par l’historien Arthur Schlesinger, conseiller du président John F. Kennedy. Ce qu’elle était. Il s’en est vraiment fallu de peu, et cela n’a pas été la seule et unique fois. Et les pires aspects de ces graves événements, en quelque sorte, sont les leçons que nous n’avons pas apprises.

Ce qui s’est passé pendant la crise des missiles en octobre 1962 a été enjolivé pour faire croire que des actes de courage et d’empathie avaient eu lieu. La vérité est que l’épisode entier frise avec la folie furieuse. Il vint un point, alors que la crise atteignait son apogée, où le Premier Secrétaire soviétique Nikita Kruschchev écrivit à Kennedy lui proposant une issue par l’annonce publique du retrait des missiles soviétiques de Cuba en même temps que des missiles US de Turquie. En réalité, Kennedy ne savait même pas que les USA avaient des missiles en Turquie à l’époque. Ils étaient en train d’être retirés de toute façon, parce qu’ils se faisaient remplacer par les sous-marins nucléaires Polaris plus redoutables, de surcroît invulnérables.

Telle était donc l’offre. Kennedy et ses conseillers la prirent en considération – et la rejetèrent. À ce moment-là, Kennedy lui-même considérait la possibilité d’une guerre nucléaire entre 33% et 50%. Kennedy était donc prêt à accepter un risque très élevé de destruction massive afin d’établir le principe selon lequel nous – et seulement nous – (les USA, ndt) avons le droit à des missiles offensifs au-delà de nos frontières, en fait là où nous le voulons, et quel qu’en soit le risque pour les autres – et à nous-mêmes, si la situation se déréglait. Nous avons ce droit, mais personne d’autre.

Kennedy convint par contre d’un accord secret pour retirer les missiles que les USA étaient déjà en train de retirer, tant que celui-ci n’était pas rendu public. Kruschchev, en d’autre termes, devait retirer les missiles soviétiques ouvertement tandis que les USA retiraient les leurs obsolètes dans le secret; en gros, Kruschchev devait être humilié et Kennedy conserver son image de vainqueur. Il est encensé pour cet épisode: le courage et le calme sous la menace, et caetera. L’horreur de ses décisions n’est jamais mentionnée – essayez d’en trouver la trace dans les archives.

Et pour en rajouter une couche, quelques mois avant que la crise de Cuba ne se déclenche, les USA avaient envoyé des missiles avec des têtes nucléaires à Okinawa. Ceux-ci étaient orientés vers la Chine, pendant une période de tensions régionales fortes.

Et alors, qui s’en soucie? Nous avons le droit de faire tout ce qui nous plaît, où que ce soit sur la planète. C’était une terrible leçon de cette époque, mais il devait y en avoir d’autres.

Dix ans plus tard, en 1973, le Secrétaire d’État US (ministre des affaires étrangères, ndt) Henry Kissinger déclencha une alerte nucléaire de haut niveau. C’était sa façon d’aviser les Russes de ne pas interférer dans la guerre israélo-arabe en cours et, en particulier, de ne pas interférer après qu’il ait dit aux Israéliens qu’ils pouvaient violer un cessez-le-feu sur lequel les USA et la Russie venaient tout juste de s’accorder. Heureusement, rien ne se passa.

Dix années plus tard encore, le président Ronald Reagan était à la Maison Blanche. Peu après qu’il y soit entré en fonctions, ses conseillers et lui firent pénétrer à l’Air Force l’espace aérien russe pour tenter d’y obtenir des informations sur les systèmes d’alerte des Russes, l’opération Able Archer. Il s’agissait essentiellement d’attaques simulées. Les Russes avaient des doutes, quelques officiels de haut rang craignant qu’il s’agissait là d’une première étape vers une véritable première frappe. Heureusement, ils ne réagirent pas, bien qu’il s’en fut fallu de peu. Et cela continue ainsi.

Que penser des crises iranienne et nord-coréenne

En ce moment, la question nucléaire fait régulièrement les unes dans le cas de la Corée du Nord et de l’Iran. Il y a des manières de traiter ces crises en cours. Elles ne fonctionneraient peut-être pas, mais méritent largement d’être tentées. Elles ne sont, cependant, même pas prises en considération, même pas commentées.

Prenez le cas de l’Iran, qui est considéré en Occident – pas dans le monde arabe, pas en Asie – comme la plus grande menace à la paix mondiale. C’est une obsession occidentale et il est intéressant d’en étudier les causes, mais je vais laisser cela de côté, ici. Y a-t-il un moyen de traiter avec la supposée plus grande menace à la paix du monde? En réalité il y en a quelques-uns. L’un d’entre eux, qui est plutôt raisonnable, avait été suggéré il y a un mois ou deux lors d’une réunion des pays non-alignés à Téhéran. En fait, ils étaient simplement en train de réitérer une proposition qui existe depuis des décennies, particulièrement appuyée par l’Égypte, et qui a été approuvée par l’Assemblée Générale de l’ONU.

La proposition est d’avancer vers l’établissement d’une zone exempte d’armes nucléaires dans la région. Cela ne serait pas la réponse à tout, mais constituerait une avancée plutôt significative. Et il y avait des moyens de le faire. Sous les auspices de l’ONU, il devait se tenir une conférence internationale en Finlande, en décembre dernier afin de mettre en œuvre des plans d’action pour y parvenir. Que s’est-il passé?

Vous n’en entendrez pas parler dans les journaux parce que cela ne fut pas rapporté – seulement dans des publications spécialisées. Au début du mois de novembre, l’Iran convint d’assister à la réunion. Quelques jours après, Obama l’annula, prétextant que ce n’était pas le bon moment. Le Parlement Européen sortit une déclaration réclamant qu’elle ait quand-même lieu, comme le firent aussi les états arabes. Il n’en est rien advenu. Nous allons donc nous diriger vers des sanctions toujours plus dures à l’encontre de la population iranienne – elles ne font pas de mal au régime – et peut-être vers la guerre. Qui sait ce qui va se passer?

En Asie du Nord-Est, c’est à peu près la même chose. La Corée du Nord est peut-être bien le pays le plus dingue de la Terre. C’est certainement un candidat sérieux à ce titre. Mais il y a du sens à essayer de comprendre ce qui se passe dans les esprits des gens qui agissent de façon insensée. Pourquoi ont-ils ce comportement? Mettez-vous à leur place, juste un instant. Rendez-vous compte de ce que cela voulait dire, pendant les années de la guerre de Corée du début des années 50, de voir votre pays se faire complètement raser, tout se faire détruire par une énorme superpuissance, qui en plus se félicitait de ce qu’elle faisait. Imaginez l’empreinte que cela vous aurait laissé(e).

Gardez à l’esprit que la direction nord-coréenne a certainement lu les journaux militaires publics de l’époque de cette superpuissance, expliquant que, puisque tout le reste avait été détruit en Corée du Nord, l’armée de l’air avait été envoyée pour détruire les barrages hydrauliques de la Corée du Nord, d’énormes barrages qui contrôlaient l’alimentation en eau – un crime, au fait, pour lequel des gens ont été pendus à Nuremberg. Et ces journaux officiels parlaient avec excitation de combien c’était merveilleux de voir l’eau descendre en trombe, excavant les vallées, avec les Asiatiques qui couraient partout pour essayer d’y survivre. Les journaux exultaient de ce que cela impliquait pour ces "Asiatiques", des horreurs au-delà de notre imagination. Cela impliquait la destruction de leur récolte de riz, ce qui par conséquent voulait dire la famine et la mort. Que c’est magnifique! Ce n’est pas dans notre mémoire, mais c’est dans la leur.

Tournons-nous vers le présent. Il y a une histoire récente qui est intéressante. En 1993, Israël et la Corée du Nord se dirigeaient vers un accord par lequel la Corée du Nord cesserait d’envoyer des missiles ou de la technologie militaire au Moyen-Orient, et Israël ferait la reconnaissance officielle du pays. Le président Clinton est intervenu et l’a bloqué. Peu de temps après, la Corée du Nord procéda à un essai mineur de missiles, en représailles. Les USA et la Corée du Nord parvinrent par la suite à un accord-cadre en 1994, qui mettait un arrêt à ses travaux nucléaires et était plus ou moins respecté par les deux parties. Quand George W. Bush vint au pouvoir, la Corée du Nord disposait peut-être d’une seule arme nucléaire et n’en produisait plus, de façon vérifiable.

Bush lança immédiatement son militarisme agressif, menaçant la Corée du Nord – "l’axe du mal" et tout ça – et la Corée du Nord se remit donc à son programme nucléaire. Lorsque Bush quitta la présidence, ils avaient 8 à 10 armes nucléaires et un système de missiles, encore une autre grande réussite des néo-cons ("neo-conservative" – néolibéraux, ndt ;) ). Entre-temps, d’autres événements eurent lieu. En 2005, les USA et la Corée du Nord parvinrent pour de bon à un accord, où la Corée du Nord devait stopper tout développement d’armes nucléaires et de missiles. En retour l’Occident, mais surtout les USA, devaient lui fournir un réacteur à eau légère pour ses besoins médicaux et cesser les déclarations agressives. Ils formeraient ensuite un pacte de non-agression et progresseraient vers l’entente.

C’était plutôt prometteur, mais Bush se mit à le saper presque immédiatement. Il retira l’offre du réacteur à eau légère et initia des programmes visant à contraindre les banques à cesser de gérer toutes les transactions nord-coréennes, même celles qui étaient parfaitement légales. Les Nord-Coréens réagirent en ravivant leur programme nucléaire. Et c’est ainsi que cela a avancé jusqu’ici.

C’est un fait reconnu. Vous pouvez le lire dans les journaux de grande distribution. Ce qu’ils disent, c’est: c’est un régime assez toqué, mais il suit une espèce de politique de renvoi de la balle. Vous faites un geste hostile et nous répondrons avec un quelconque geste dingue à notre sauce. Vous faites un geste accommodant et nous répondrons de même.

Dernièrement, par exemple, il y a eu des exercices militaires conjoints entre les USA et la Corée du Sud sur la péninsule coréenne qui, du point de vue du Nord, doivent paraître menaçants. Nous penserions qu’ils ont l’air menaçants s’ils se passaient au Canada et étaient dirigés contre nous. Au cours de ces exercices, les bombardiers les plus sophistiqués de l’histoire, des B-2 et des B-52 furtifs, se livrent à des attaques d’entraînement de bombardement nucléaire tout juste le long de la frontière nord-coréenne.

Cela déclenche assurément des sirènes d’alerte issues du passé. Ils se souviennent de ce passé, et réagissent donc d’une façon très agressive, et extrême. Alors, ce qui arrive comme idée à l’Occident en rapport à tout cela, c’est combien les dirigeants nord-coréens sont fous et incompétents. Oui, ils le sont. Mais ce n’est pas toute l’histoire, loin de là, et c’est la course du monde de nos jours.

Ce n’est pas qu’il n’y ait pas d’alternatives. C’est juste que les alternatives ne sont pas prises. Ceci est dangereux. Alors si vous demandez à quoi va ressembler le monde, ce n’est pas un joli tableau. À moins que les gens réagissent. Nous le pouvons toujours.

___________________________________________________________________________________________________

Noam Chomsky, citoyen états-unien, est Professeur Emeritus d’Institut au Département de Linguistiques et de Philosophie du Massachussets Institute of Technology (MIT). Il est l’auteur, entre autres, de "La Fabrication du Consentement".

[Note: Cet article est adapté (avec le concours de Noam Chomsky) d'une interview vidéo en ligne faite par le site web What, qui se dévoue à intégrer des connaissances issues de différents domaines avec l'objectif d'encourager l'équilibre entre l'individu, la société et l'environnement.]

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Message par el loco le Ven 09 Oct 2015, 22:54

François Hollande participe mardi 5 mai à un sommet du Conseil de coopération du Golfe (CCG) en Arabie saoudite. Il est le premier chef d'Etat occidental invité à cette organisation économique et militaire, qui réunit les monarchies pétrolières de la péninsule arabique. L'opération de rapprochement entre la France et les monarchies du Golfe s'exprime également à travers le projet d'installation d'un laboratoire biologique de haute sécurité en Arabie saoudite, comme le révélait "l'Obs" le 23 avril dernier.



C'est une affaire de grande politique et de petit virus – une affaire que l’on peut résumer à une question : pour faire plaisir aux princes saoudiens qu’elle courtise assidûment, la France va-t-elle trop loin ? Tout commence en 2012 quand une épidémie de coronavirus Mers se déclenche en Arabie saoudite. Totalement démuni face à cette crise qui a fait plus de 400 morts à ce jour, Riyad demande de l’aide à plusieurs organismes occidentaux spécialisés. Le royaume, qui a une structure sanitaire balbutiante, veut griller les étapes. Alors que son niveau technologique est bas, il entend se doter très vite, entre La Mecque et Djeddah, d’un , "P3" ou "P4" dans le jargon – un outil qui, s’il est mal géré ou tombe en de mauvaises mains, peut se révéler particulièrement dangereux. On y manipule des agents mortels et souvent très contagieux, contre lesquels on ne connaît aucun traitement, tels l’anthrax, la peste, le Sras ou même le virus Ebola.

Pour se doter de tels labos, le ministère saoudien de la Santé s’est d’abord tourné vers l’allié naturel, le grand protecteur de la péninsule : les Etats-Unis. Mais Washington refuse son aide. Riyad s’adresse alors à l’Institut Pasteur. Des négociations discrètes s’engagent. Les autorités françaises, qui cherchent à transformer leur récente lune de miel diplomatique avec la riche Arabie en contrats sonnants et trébuchants, favorisent ces pourparlers encore confidentiels dont elles ne connaissent pas forcément tous les détails. Ces discussions s’accéléreront lors de la visite de Laurent Fabius à Riyad le 12 avril dernier. Mais certains, à Pasteur comme au sein de l’administration, se demandent s’il est bien sage de poursuivre plus avant, de fournir effectivement un tel savoir-faire à un tel Etat.

Un officiel français, également hostile au projet, rappelle que l’Arabie est une dictature moyenâgeuse où la liberté d’expression n’existe pas et où il est explicitement interdit de critiquer le gouvernement. "Qui va oser donner l’alerte s’il y a un problème ?", demande-t-il…

Les discussions sont prises en main par le nouveau directeur général de Pasteur, Christian Bréchot, que l’on dit en très bons termes avec François Hollande. Et, en novembre 2013, un "accord de coopération" général est signé. Entre Paris et Riyad, l’heure est aux accolades. C’est un premier geste. Ce ne sera pas le dernier

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